De temps en temps, on prend cinq minutes pour faire le bilan, vers le soir, surtout quand on est encore en hiver et que la nuit tombe si vite. Je me dis donc, tiens, et si je faisais le bilan ? Je fais le bilan et je me demande bien ce qu'elles me trouvent.

 

Adolescent, je m'attaquais trop à des idiotes. Manque d'ambition candide et notoire de l'adolescent boutonneux. Depuis, je fais le mystérieux. Ben, le pire c'est que ça marche. Les voilà toutes qui rappliquent, enfin une, et petits sourires, et petits regards, et je tords de la fesse, et je décolette plongeant, merveilles des merveilles, c'est à moi qu'elles en veulent, je me sens radio-actif. Sans doute mon sexe à pile.

 

Les femmes, faut dire, ce n'est pas bien compliqué. Il suffit d'avoir la causette nerveuse et le verbe haut, et puis l'attaque un peu franche et c'est dans la poche. Aujourd'hui, je demande à mes élèves de troisième de me dire leurs défauts, leurs qualités, toutes ces conneries dont je me fous royalement mais qui leur permettent de faire le point, leurs bilans à eux. Une élève me dit : « Je suis de mauvaise foi, voilà un défaut ». Elle explique pourquoi, et la voilà qui m'attaque, ah, ah, bille en tête, du style : « De toute façon, je n'ai pas envie de vous confier mes défauts. À vous ! »

 

Les autres sont étonnés, pour une fois qu'ils ne dormaient pas. Mais pas moi, ah. Parce que moi, j'ai compris : les petites nanas dans ton genre, cocotte, avec leurs airs agressifs, elles me cherchent, ah ah, on verra ce qu'on verra.

 

L'agressivité verbale chez une femme est une demande, une complainte, du style : « Vas-y, fanfaron, montre-moi que tu es le plus fort, le mâle, cocorico, oui oui ». Bref.

 

Mais je m'éloigne.

 

Donc je plais aux femmes parce que je suis drôlement rigolo. Faut les faire rire. Voilà.

par Marc Grousset publié dans : Érotisme
Jeudi 31 janvier 2008
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J'ai toujours un espoir secret, enfoui. Un jour, les gens vont se réveiller, aller sonner chez le voisin, et le croiser en route car il vient d'avoir la même idée.

 

Les gens vont se croiser sur les paliers, dans les jardins, l'air déconfit une bouteille à la main, champagne ou jus d'orange, partout ici et là.

 

On traverserait les ponts, et même les autoroutes, tout s'arrêterait, on trinquerait.

 

Nul besoin de coupe du monde, juste un grand réveil.

 

Les gens s'excuseraient pour hier, les policiers poseraient leurs culs par terre, les voyous repeindraient les tags en blanc et trinqueraient à qui mieux-mieux avec les poulets des banlieues.

 

On parlerait de la connerie au passé, on s'excuserait d'en avoir été, on oublierait les mosquées, les églises, les ethnies, le patron aurait honte de sa bagnole, le prolo irait à la pêche et lui apprendrait les rudiments.

 

L'espoir fait vivre.

par Marc Grousset publié dans : Sociologie en superficie
Jeudi 31 janvier 2008
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J'ai un rêve, comme dirait l'autre.

 

Je rêve que je ne suis pas devant un ordinateur, des copies ou devant des collégiens, et que ce n'est pas l'hiver. Je me dis que ce serait mieux de rester au lit. Surtout l'hiver.

Je resterais au lit avec une jolie fille, et je n'aurais plus jamais froid. Elle me préparerait un chocolat chaud et me raconterait les nouvelles du jour en rajoutant que tout va bien. Mon gosse me raconterait ses histoires de dinosaures, espèce pas encore disparue d'après lui.

 

Au printemps, je prendrais une douche et on sortirait dans les bois voir les bourgeons. On partirait dans des pays africains et on ferait des trucs de fous, comme dans les films avec des filles qu'on ne voit jamais sur nos plages chez nous.

 

Ce serait merveilleux.

 

Il y aurait aussi des draps blancs. J'allais oublier de le mentionner.

par Marc Grousset publié dans : Moi, moi, moi...
Jeudi 31 janvier 2008
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En revenant du Sud, plein de soleil, à la fin de l'année 76, assis à côté d'un frère imaginaire et derrière deux parents d'une autre époque, je n'aurais jamais cru qu'un jour, j'allais avoir 38 ans en 2008. Il faut dire que j'avais 6 ans, j'aimais bien Michel Fugain, je m'accrochais à peu de choses. Je portais des slips kangourous pour enfants, et je les portais plus longtemps que maintenant. Et le kangourou est mort.

 

Dans deux jours donc, si ça continue comme ça, et j'espère que ça va continuer, j'aurais 38 ans. Le sommet de la côte. Un bon bout de chemin, sans doute. Je ne devrais pas me plaindre. Comme on le dit dans les familles pauvres, on ne choisit pas ses parents, mais il n'y a pas à se plaindre, ça pourrait être pire. On pourrait être né ailleurs et déjà mort autrefois. C'est sans aucun doute que j'accueille cette critique. Tout pourrait être bien pire.

 

Pourtant, l'autre jour, en agrandissant des photos dans le noir, j'écoutais un type qui parlait de Brassens sur France-Inter. J'adorais Brassens, un type capable du meilleur, et d'une grande humilité. Son secret : fuir la routine, le salariat, la vie de couple, et vivre ses rêves.

 

Parfois, je croise des types avec des guitares dans la rue, ou des mômes de seize ans avec des skates boards et les narines percées. Je n'ai jamais été un aventurier, et ma nouvelle année ne m'apprend rien. À part faire du stop pour descendre à Nice ou en Ardèche, l'aventure m'a fui, je ne suis pas Médecin du Monde.

 

Bon, ce n'est pas grave tout ça, ça pourrait être pire, je pourrais être né ailleurs, avoir perdu mes doigts pour écrire et me gratter le nez, ne pas avoir d'ordinateur, ne pas connaître la fille de Mitterrand, ne pas...

 

Allez, dans deux jours, hein, une grande partie du chemin. Parce qu'à 100 ans, c'est bel et bien foutu. Surtout les filles. Je les avais presque oubliées, celles-là....

par Marc Grousset publié dans : Moi, moi, moi...
Jeudi 31 janvier 2008
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