De temps en temps, on prend cinq minutes pour faire le bilan, vers le soir, surtout quand on est encore en hiver et que la nuit tombe si vite. Je me dis donc, tiens, et si je faisais le bilan ? Je fais le bilan et je me demande bien ce qu'elles me trouvent.
Adolescent, je m'attaquais trop à des idiotes. Manque d'ambition candide et notoire de l'adolescent boutonneux. Depuis, je fais le mystérieux. Ben, le pire c'est que ça marche. Les voilà toutes qui rappliquent, enfin une, et petits sourires, et petits regards, et je tords de la fesse, et je décolette plongeant, merveilles des merveilles, c'est à moi qu'elles en veulent, je me sens radio-actif. Sans doute mon sexe à pile.
Les femmes, faut dire, ce n'est pas bien compliqué. Il suffit d'avoir la causette nerveuse et le verbe haut, et puis l'attaque un peu franche et c'est dans la poche. Aujourd'hui, je demande à mes élèves de troisième de me dire leurs défauts, leurs qualités, toutes ces conneries dont je me fous royalement mais qui leur permettent de faire le point, leurs bilans à eux. Une élève me dit : « Je suis de mauvaise foi, voilà un défaut ». Elle explique pourquoi, et la voilà qui m'attaque, ah, ah, bille en tête, du style : « De toute façon, je n'ai pas envie de vous confier mes défauts. À vous ! »
Les autres sont étonnés, pour une fois qu'ils ne dormaient pas. Mais pas moi, ah. Parce que moi, j'ai compris : les petites nanas dans ton genre, cocotte, avec leurs airs agressifs, elles me cherchent, ah ah, on verra ce qu'on verra.
L'agressivité verbale chez une femme est une demande, une complainte, du style : « Vas-y, fanfaron, montre-moi que tu es le plus fort, le
mâle, cocorico, oui oui ». Bref.
Mais je m'éloigne.
Donc je plais aux femmes parce que je suis drôlement rigolo. Faut les faire rire. Voilà.

C'est vous qui le dites...