Voilà la France : des députés de droite tellement cons qu'ils en vinrent à faire une loi pour célébrer leur grandeur passée, celle du colonialisme, celui qui fit des frontières droites sur des cartes d'autrefois, pour laisser en jachère des cultures qui n'avaient pas besoin de ça. Voilà encore la France : un petit ministre minuscule, qui promet de gérer le pays comme une entreprise (suis-je rentable, merde ?), et qui somme un entrepreneur indien parce que le prétentieux du tiers-monde voudrait nous racheter notre acier. C'est Molière sauf que personne n'est là pour écrire moderne la cassette de l'Avare. Et pas d'or : de l'acier.


Voilà la France, donc. Et même pas possible de permettre à nos gastronomes de bouffer pour moins cher : les nouveaux entrants européens ne font rien qu'à nous faire chier, c'est qu'on n'est même plus libre de baisser la TVA sur la restauration. D'ailleurs, j'étais pour. À défaut d'une constitution européenne, qu'on ne vienne pas nous empêcher de tenir les promesses d'un oublié. Sinon, quelles sont donc nos marges de manœuvre ? Je sais bien que ce genre de baisse n'aurait pas augmenté le salaire du type à la plonge. Mais qu'on nous laisse au moins la bouffe : voilà la France, non ?


Une impression étrange m'envahit parfois : minuscule. De plus en plus petit, vieux, ratatiné. Et ce ne sont pas les chanteurs belges et morts qui pourront me redonner espoir contre les Flamands de toutes sortes ou les intégristes barbus. Il est temps de ne plus rien dire ou juste n'importe quoi. De quel droit un Indien d'Inde tout juste bon à crever cancéreux d'un désamiantage juteux peut-il se permettre d'acheter en cash notre belle sidérurgie ? Ce ne sont pas tant les grands bourgeois qui en pâtiront que les prolos habituels. Après tout, ce n'est pas un vol : on vous rachète vos actions, grands actionnaires, en voilà du profit. Mais vous, prolos français modernisés numériques, préparez vos valises et remplissez les bordereaux ASSEDIC. C'est la fin pour bientôt. Pas cette année, pas l'année prochaine, mais dans trois ans, il faudra restructurer. Quand on vous dit que les bagnoles françaises viennent du Brésil et que vous ne voulez pas le croire ! Oh ! Pas toutes ! Pas encore ! Et puis la Chine aussi ! Et l'Inde !


Un type à la radio raconte l'histoire de la raquette de Bjorn Borg. Un belle raquette made in France : je me souviens de la marque, Donnay. Disparue, envolée, à cause des fibres de carbone dans lesquelles les Asiatiques sont passés maîtres. Alors l'acier, on peut bien le laisser aux Indiens, non ? Les médicaments aussi d'ailleurs ! Et les développements informatiques aux Roumains ! Et qui pour la sous-traitance bancaire ?


Mais non. Les Indiens ont quelque chose de louche, d'étranger. Que des actionnaires de Floride rachètent les P.M.I. des vallées savoyardes, c'est bien normal. Qu'un Indien nous rachète les hauts fourneaux, et qu'en plus le siège social de la boîte du bonhomme soit basé aux Pays-Bas, c'est très louche. Tout est louche pour la grande bourgeoisie politique. Il semblerait que ces messieurs ne comprennent pas les conséquences des lois qu'ils adoptent. Sont-ils donc si cons ? À l'évidence quand on entend Jack Lang. Mais les autres tous aussi ? Comme c'est bizarre d'attendre que les Polonais veuillent bien que l'on légifère sur notre taux de TVA. Quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps, ils marchaient droit en allant à l'église, et les voilà qui s'encanaillent pour tuer le petit artisan français. On leur a pourtant vendu des supermarchés, que leur faut-il de plus ? Nos SDF peut-être ? Nos banlieues ? Mais la faute à qui alors ? Je confonds tout, Sarkozy, les Polonais, le crève-la-faim indien, l'actionnaire de Floride, l'ancien des hauts fourneaux. C'est le merdier, la mélasse. Mais quel spectacle ! Pas un jour sans une catastrophe industrielle, Ford, SEB, Arcelor, encore ! Qui va donc dévisser dans les jours prochains ? Quel alpiniste assez con pour mourir dans l'Himalaya, pour prouver qu'il en était capable ? Quel navigateur solitaire et combien de sponsors ? Oh, décidément, tout se confond, Jack Lang, les alpinistes, les navigateurs solitaires, la déroute du petit électroménager, sans compter les nouveaux contrats d'embauches, et les putes Africaines sur les trottoirs de Limoges. D'ailleurs, j'ai lu dans Courrier International que ce sont leurs maris au Cameroun qui les envoient se prostituer dans le Limousin et ailleurs, histoire de mettre du beurre dans les épinards, au pays. Ça en fait du monde dans la marmite à fric ! Certaines ne reviennent jamais : la liberté ou la mort, parfois les deux, SIDA oblige.


Et l'on voudrait nous faire croire que l'on est mûr pour coloniser mars.

par Marc Grousset publié dans : Démagogie
Samedi 10 mai 2008
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Commentaires

Mars ? moi je prefere le manger plutot qu'y vivre, lol...mais suis dans l'ensemble bien d'accord avec ton article
commentaire n° : 1 posté par : crasyone (site web) le: 10/05/2008 12:06:08

Oh ce n'est peut-être pas si mal, comme destination.


réponse de : Marcovaldo (site web) le: 11/05/2008 11:49:23

Bienvenue !


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