Il arrive parfois que l'on marche dans un état second, un état de transe ou d'oubli. Un automatisme. Je marche et ne vois rien, il fait chaud dans mon crâne et pourtant l'été s'oublie un peu. Il fait chaud la fatigue me hante, la main tremble un peu. Je ne sais quoi penser. Il est un peu tôt pour cela.
Je repense à la joie que j'éprouvais encore il y a quelques jours quand, naïf sincère, je m'offrais un jouet à un euros, une New Bettle noire. À poser sur mon bureau.
On ne se rend pas assez compte de l'importance des objets dans nos vies. En acquérir un, même petit, c'est s'accrocher un peu.
Mais il est rare d'avoir vraiment quelque chose. À moins de l'avoir en soi, comme une obsession. Comme la Bretagne et le lisier des porcs qui pissent et s'oublient dans ses sols infertiles.
Comme un cancer dans son corps à soi, une chose qui s'étend, qui s'enfonce et se faufile. Le cancer est un calcul savant. Il se résume à « combien ». Six mois est un minimum, le reste se compte en années. Un cancer, voilà la vrai possession. Les autres en ont toujours un. Pas soi. On y échappe, on n'y croit guère, lui croît.
Un cancer pour raisons obscures ou par tabagisme. Et regarder les fleurs avec un œil si neuf, pour être enfin de ceux qui sauraient compter les jours....
Non, ce n'est pas moi. Je ne savais pas pour la Bretagne fertile en cancer, tu me l'apprends.