Ah la belle affaire, la belle affaire.
La belle affaire, si, je vous jure, la belle affaire. Comme une fable du XVIIème siècle que l'on aurait par miracle préservée des tours de verre : on vient de me convaincre d'être pragmatique.
Ah, la belle affaire, ah.
Ah.
Être pragmatique, regarder les réalités en face. Faire le ménage en quelque sorte. Balayer devant sa porte. Il est temps de quitter l'enfance ils m'ont dit. Ils m'ont dit que c'est chaque fois la même chose, que je suis pas comme les autres, que c'est tout juste si je fais pas mon intéressant à mon âge.
Être pragmatique, c'est par exemple utiliser des signes = +. Et des moins aussi. C'est un peu faire un tableau, à gauche, le rentable, le solide, le sûr. A droite, le désir, le rêve, les gros mots.
Je rêve encore de soirées avec des inconnus qui s'avéreraient être de meilleurs amis d'enfance que les vrais, les imbéciles, les subis.
Je rêve d'avoir le temps, de convaincre les cinglés dans ma rue de troquer leurs pit-bulls contre des chats, et de m'emprunter mes livres si vous voulez.
Ah, la belle affaire. La belle affaire.
C'est vous qui le dites...