Maintenant, j'ai la télévision. L'autre jour, j'ai vu Obispo. J'en avais entendu parler et puis, parfois, dans ma voiture, j'entendais des chansons niaises et lamentables. Je pensais Bruel, Pagny, Barbelivien, Adamo, tous ces pisseurs de chiasse épaisse.


Il y a pire. Obispo.


Il a la grosse tête. Il veut conquérir le monde. Vendre sa bouillie vomisseuse en anglais. Il s'en vante. Il le dit. Il précise même que ceux qui n'y croient pas sont des cons.


Il a raison. Il va y arriver.
par Marc Grousset publié dans : Portraits méchants
Vendredi 11 avril 2008
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Au début, j'ai cru qu'il se donnait un genre, qu'il jouait un rôle.


C'était le début. Faut bien le dire.


Au fur et à mesure, je lui trouvais des circonstances atténuantes.


C'était au fur et à mesure.


Avec l'habitude, je l'ai trouvé de plus en plus mystérieux, d'autant plus qu'il était - paradoxalement, qu'on ne m'en veuille pas - d'autant plus qu'il était de plus en plus transparent. Avec sa vie réglée, ses costumes ridicules, son visage sans rien de notoire, ni laid ni beau, juste rien, on aurait pu croire qu'il était normal, un homme avec des amis sans doute.


Ben rien du tout. Pas d'amis, des principes, des idées, un cerveau qui fonctionne bien, une grande culture (celui-là en tout cas).


Mais aucun intérêt.


L'homme froid.


Il se cultive comme d'autres s'engraissent, bien qu'il soit tout maigre. Il lit les revues qu'il faut lire, va voir les films dont il a lu les critiques à l'avance, évite ceux qu'il ne faut pas voir, aime le théâtre qu'il faut aimer, la danse, un tas d'art. Il a de petits carnets pour se souvenir de tout. Il pourrait faire illusion. Et pourtant, derrière la rigueur analytique, il n'y a rien. Parfois un peu d'humour mais cynique, rien.


Le pire, c'est de le présenter à une femme. Il lui parle à peine. Sa vie est réglée comme du papier à musique, et pas la musique que l'on ferait avec le corps d'une femme, encore moins les illusions qu'on entretiendrait avec son âme.


L'homme froid accumule, il est presque mort pourtant.


Et le pire, c'est qu'il est nombreux. Avec les doigts terriblement lisses. Un marbre blanc et veineux.

par Marc Grousset publié dans : Portraits méchants
Vendredi 11 avril 2008
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J'ai parfois souvent l'impression de regarder les gens de travers. C'est vrai, je les regarde de travers. Il me semble que chaque nouveau visage, chaque personnage, chaque attitude sont rapprochés de vieux modèles, un peu de travioles bien sûr, mais très faciles d'emploi.


Il existe en effet de véritables catégories d'êtres humains. Au-delà des hommes de bonne volonté (et des femmes) ; qui sont relativement rares ; tous les imbéciles du monde entier sont répertoriés dans ma base de données unique : celle de mon enfance.


Un exemple : Romain C.


Romain C. était le parfait prototype du pur ordurier. Pseudo-dur, il était toujours accompagné de quelques lieutenants fanfarons du collège. Les redoublants ont ce terrible avantage d'être plus forts physiquement mais couverts par nature de ridicule. C'était son cas. Ordurier, menteur, voleur, gagne-petit et piètre camarade, son côté voyou charmait les filles en manque de père qu' il ne tarderait pas à engrosser pour répéter l'histoire et qu'on l'appelle Adolf.


Il se la jouait.


Dans sa tête, le vide prenait les couleurs des spots de nos boums-garages. Un modèle.


Il y a bien longtemps que je ne l'ai pas vu. La dernière fois, il se prenait pour une sorte d'intellectuel, de ceux qui confondent Nietzche et Cioran, n'ayant lu ni l'un ni l'autre, et cherchant des excuses à Céline.


Ces modèles traversent plus sûrement la vie que les victimes innocentes ne traversent les passages cloûtés des soirées alcooliques.


L'ordure conserve, j'en suis persuadé.

par Marc Grousset publié dans : Portraits méchants
Vendredi 11 avril 2008
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Qui connaît Frédéric Beigbeder ?


Personne.


Ce n'est pas un grand mal. Ce type est pourtant ce qui se fait de mieux dans le prototype du faux-cul moderne. Car monsieur écrit. Il écrit mal, tout autant qu'il cause, mais il a des relations et un grand nez. Il plaisait sans doute aux filles pendant que d'autres faisaient la queue. Il est bien né, y'a pas de mal. Il passe à la radio, et j'imagine à la télé. À la radio, il est aussi plat qu'un fax. Il se fait reluire en causant à d'autres gens comme lui. Sauf que les autres sont critiques, et lui critique mondain. C'est un moindre mal.


Le vrai mal, c'est qu'il est devenu le symbole réel et revendiqué de l'hypocrisie actuelle, celle de l'homme médiatique. Publicitaire, homme des salons, des cocktails, du Tout-Paris et des putes en quête d'un meilleur avenir, l'individu se renie dès lors qu'il se croit écrivain. Et le voilà qui écrit sur la publicité, celle qui lui a confectionné son ventre adipeux, et voilà même qu'il en dit du mal. Il ne renie rien, il dit que c'est mal. Il en participe. Il détourne. Il s'en vante. Ça fait vendre. Il déteste soudainement la publicité, moyen de vendre aux masses laborieuses des choses inutiles. Il la déteste pour une bonne raison : il est lui-même une publicité, pour sa pomme, ses bouquins, son style. Il n'est plus humain, il n'est plus homme, il en souffrirait.


Qu'on le rassure : le suicide lui donnerait une gloire méritée, celle du grand silence.

par Marc Grousset publié dans : Portraits méchants
Mercredi 9 avril 2008
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Bienvenue !


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