Hier, dans les allées-néons lumineux de l'hypermarché du coin, j'achète du fromage et des fruits. Au loin, près des apéricubes et des noix de cajou, un grand type costaud et un caddy, une petite fille lumineuse en jaune dans ses bras.


Derrière lui à la traîne et dans l'ombre absente de l'endroit trop lumineux, sa femme.


Elle est vêtue de noir de la tête aux pieds mais il suffit d'un instant pour savoir que ce goût du noir n'a rien à voir ni avec la mode chez les jeunes ni avec un quelconque culte pour Barbara et la pluie sur Nantes. Elle est tellement vêtue qu'on l'imagine nue sous les voiles qui cachent aussi son visage.


Et les gens derrière font les commentaires, quelques sourires plus ou moins jaunes de tabac, quelques inquiétudes.


Et l'on s'imagine bien l'impossible prise de parole face au fascisme s'il venait à repousser : que dire à ceux qui, si certains de certitudes, en arrivent à montrer l'invisible statue qui les accompagne perpétuellement en deuil ? Et ceux d'en face, avec des croix et des Lucifers, tout aussi pétris de sûretés ?

par Marc Grousset publié dans : Les autres m'agacent
Dimanche 13 juillet 2008
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Il ne faut rien exagérer et raison garder. Une société débarrassée des variantes les plus notables de la superstition sera dans tous les cas plus facile à vivre. Ma voisine croit sincèrement que les prénoms ont une influence sur la personnalité de ceux qui les portent. C'est une femme charmante et souriante et comme qui dirait très naïve. La preuve : je connais un chien errant que les enfants appellent Adolf. Il est doux comme un agneau. Et répond quand on l'appelle. La preuve !


Une amie médecin m'expliquait récemment qu'une femme atteinte d'un cancer des ovaires avait été envoyée par sa mère rebouteuse qui, du regard perçant des fous, lui avait diagnostiqué et sans scanner, d'aller se faire voir les ovaires rapidement. Et si sa gynécologue n'y avait vu que du feu, la Sécurité Sociale avait quand même pris en charge le coût d'un dépistage des fois que.


Histoire vraie.


La fille remercia la mère et la découverte précoce de la chose lui redonna une espérance de vie statistiquement élevée. Un sale petit point noir s'avéra oncologiquement redoutable, suivez mon regard.


Voilà donc que le monde n'est pas facile à réduire aux faux-semblants binaires qu'on nous informatise en permanence. Une petite histoire de rien. Bien entendu.

N'exagérons rien.


par Marc Grousset publié dans : Les autres m'agacent
Jeudi 19 juin 2008
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Le « Monde Multimédia » est un sacré journal. Il en sait des choses. Des artistes underground du cyberespace aux cyberconsommateurs, ça y va. J'en passe et des meilleurs.


Dans celui d'hier, on y parle des cyberpunks. Des types qui se font mettre des boulons sous le cuir chevelu, histoire de passer outre les limites corporelles d'un corps obsolète qu'ils disent... Certains même envisagent l'implant de puces et de silicone où c'est qui faut pour devenir des cyborgs, et atteindre le vrai destin de l'humanité : sortir de la nature, quitter son corps....


Il y a dix ans, un journal sérieux n'aurait pas fait un plat des tatouages sur les peaux tannées des vrais motards. Leur discours était un peu moins enrobé, peut-être.


Les super-tatoués de l'intérieur disent aussi que l'esprit humain doit dorénavant circuler neuronalement à travers le réseau des réseau. Ils envisagent, sérieusement sans doute et au-delà du fait qu'ils font peur aux grands-mères avec leurs attirails, ils envisagent sans doute de se scanner le cerveau avant de le télécharger en FTP sur un site visible 24 heures sur 24.


Ils ne savaient pas que je l'ai fait avant eux.


Et pendant ce temps-là, Voltaire parlait onze langues, dans son petit corps moche. Un grand dépassement, pour l'époque.

par Marc Grousset publié dans : Les autres m'agacent
Jeudi 5 juin 2008
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Un livre, offert par un ami, de Paris : « Pourquoi Bush sera réélu ? », de Guy Millière. C’est un grand souffle dans nos gueules d’antiaméricains à la française. Et puis, hé ! il me semble que quand on a un président comme Sarkozy, on devrait fermer sa gueule à propos de Bush. J’ai toujours ressenti de la colère à l’égard des antiaméricains acharnés (qui n’ont jamais mis les pieds aux USA) mais je crois que ce bouquin va décupler mon ressentiment et accélérer le projet de se promener sur la côte ouest du Mexique à l’Alaska. Ou bien, tout simplement, du Cap Horn au pôle nord. Car moi, j’ai le temps si je n’ai pas l’argent. Les autres ont l’argent, mais pas le temps. C’est fou, ces contingences qui te font passer à côté de la vie ! La famille, le travail, ces deux abominations qui te tuent avant l’heure. Mais soyons objectif : la mort est plus reposante que la vie.
par Marc Grousset publié dans : Les autres m'agacent
Mardi 27 mai 2008
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Bienvenue !


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