J'ai tendance à voir des symboles partout. Les tournesols, dans mon jardin, c'est du soleil, tenez, par exemple. Là, chez cette amie qui nous accueille et qui n'est pas encore rentrée, dans sa télévision, dans cette émission, ce jeu, je vois un symbole. Je ne sais si je dois me réjouir d'être toujours aussi naïf devant la télévision. Ça symbolise la France d'aujourd'hui. On a retrouvé le type qui manquait entre le singe et l'homme. Il est français, masculin ou féminin, il est très con. C'est le chaînon manquant. Il postule pour participer à une émission où le plus mauvais des cons a une chance de gagner. Voilà ce que j'ai vu l'autre soir. Le plus con des cons, le genre de type à passer ses vendredi et samedi soirs en boîte, et les autres soirs partagés entre les souvenirs de la semaine dernière et les projets du prochain week-end. Eh bien ce type-là a gagné. Il n'a quasiment jamais répondu à une question, mais comme les autres participants ont éliminé le pauvre vieux et son certificat d'études qui caracolait en tête, c'est finalement le roi des cons qui gagna.
Les questions sont pitoyables, le style cynique de l'animateur blaireau ferait crever de joie un kamikaze anti-blaireau, bref, dans cette émission, il n'y a rien. Sauf un symbole : plus la peine de faire des efforts, de lire des bouquins, d'être pas trop bête et d'apprendre à compter, à lever les yeux, à utiliser son cerveau autrement que, par un réflexe bête, pour dilater ses muscles rectaux deux à trois fois par jour... Plus la peine de rien. Après les DJ débiles, les rappeurs sans voix, les paroles sans mots, les musiques électroniques, les fonds secrets, les fonds de pension, le retour de Jack Lang et j'en passe, voici venir le temps des plus nuls en vedettes... On nous avait déjà fait l'éloge des médiocres, mais là....

C'est vous qui le dites...