J'ai tendance à voir des symboles partout. Les tournesols, dans mon jardin, c'est du soleil, tenez, par exemple. Là, chez cette amie qui nous accueille et qui n'est pas encore rentrée, dans sa télévision, dans cette émission, ce jeu, je vois un symbole. Je ne sais si je dois me réjouir d'être toujours aussi naïf devant la télévision. Ça symbolise la France d'aujourd'hui. On a retrouvé le type qui manquait entre le singe et l'homme. Il est français, masculin ou féminin, il est très con. C'est le chaînon manquant. Il postule pour participer à une émission où le plus mauvais des cons a une chance de gagner. Voilà ce que j'ai vu l'autre soir. Le plus con des cons, le genre de type à passer ses vendredi et samedi soirs en boîte, et les autres soirs partagés entre les souvenirs de la semaine dernière et les projets du prochain week-end. Eh bien ce type-là a gagné. Il n'a quasiment jamais répondu à une question, mais comme les autres participants ont éliminé le pauvre vieux et son certificat d'études qui caracolait en tête, c'est finalement le roi des cons qui gagna.


Les questions sont pitoyables, le style cynique de l'animateur blaireau ferait crever de joie un kamikaze anti-blaireau, bref, dans cette émission, il n'y a rien. Sauf un symbole : plus la peine de faire des efforts, de lire des bouquins, d'être pas trop bête et d'apprendre à compter, à lever les yeux, à utiliser son cerveau autrement que, par un réflexe bête, pour dilater ses muscles rectaux deux à trois fois par jour... Plus la peine de rien. Après les DJ débiles, les rappeurs sans voix, les paroles sans mots, les musiques électroniques, les fonds secrets, les fonds de pension, le retour de Jack Lang et j'en passe, voici venir le temps des plus nuls en vedettes... On nous avait déjà fait l'éloge des médiocres, mais là....

par Marc Grousset publié dans : Démagogie
Lundi 21 juillet 2008
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L'art politique contemporain consiste à faire comprendre que tout ne va pas très bien mais que ça pourrait aller plus mal et qu'il suffit de regarder ailleurs comment, justement, ça va moins bien. Si, par un quelconque hasard, ça allait mieux ailleurs, alors l'art politique contemporain consisterait à faire comprendre que ça ne peut pas durer, que ça n'est pas si vrai, que c'est la force des choses et qu'on n'y peut rien.
Le but ultime de la démagogie spectaculaire, c'est de tuer le temps qu'il nous reste à vivre en imaginant qu'on en aura bien assez pour au moins faire les courses.
par Marc Grousset publié dans : Démagogie
Vendredi 11 juillet 2008
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Faut faut faut faire les courses. Faut.

 

Faut bien les faire les courses, merde alors. J'en deviens vulgaire. Donc je fais les courses et puis me voilà à la caisse avec le Nouvel obs sous le bras comme si y'avait de quoi faire le fier.

 

Sous mon bras en fait, il y a une Allemande blonde et célèbre et très belle et puis pas bête en plus, faut voir ça pour le croire. Elle parle français comme vous et moi enfin vous je sais pas mais moi, c'est sûr. Elle cause l'english aussi perfectly, elle a de la classe, j'ai vu une interview d'elle. Elle pose en slip et soutien-gorge rose pleine page du Nouvel obs. Père-Noël...

 

Non, j'y crois plus.

 

Des carottes, du riz, des bananes, un chou-fleur, les couches du gosse. Bonjour sourire, bonjour je réponds.

 

Alors là, le tableau, c'est autre chose. Au milieu du cadre en Plexiglas qui lui fait face, à la hauteur de l'angle idéal pour un enfant de sept ans, il y a la caissière. Alors là, faut voir le tableau.

 

La pauvre.

 

Oui, bien sûr, elle n'est pas jolie. Encore que : deux choses. 1, elle pourrait être drôlement mieux, sans beaucoup d'efforts. 2, c'est surtout que le monde lui tombe sur la tronche tous les jours depuis qu'elle a signé un CDD renouvelable en corvées et merci.

 

Le monde en pleine gueule tous les jours qu'elle vit. Qu'elle voit. Chemisier rose comme le slip de Claudia, cheveux blonds pour de faux comme les cheveux de Claudia, elle prend mon chou-fleur de la main droite - une main sèche et ténébreuse comme sa vie sexuelle.

 

25,82 euros. Je ne comprendrais jamais pourquoi le compte n'est pas rond, puisque les prix sont toujours alignés à 0,5 centimes près.

 

Bref.

 

Elle me dit au revoir merci et je lui fais un gros sourire. Et je dis bonne journée, et j'ajoute « bon courage » et je finalise « à bientôt ».

 

La voilà heureuse.

par Marc Grousset publié dans : Démagogie
Mercredi 9 juillet 2008
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Les dimanches, surtout l'hiver, fallait y passer. Jacques Martin. Au début, y'avait Desproges. Mais comme il est mort, y'a eu l'École des fans. Là encore, au début, c'était drôle. Les gamins débiles l'étaient moins que les parents au premier rang. Pas encore obèses mais déjà ridicules, c'était la France du dimanche. Aujourd'hui, c'est la France de tous les jours. C'est sept fois plus qu'avant. Mais le pire est ailleurs. J'ai découvert ça en regardant des extraits, des hommages. Jacques Martin est à l'origine du politiquement correct. A cause de lui, tout se vaut. Tout simplement parce qu'une fois qu'il a donné la meilleure note à tout le monde, les générations nouvelles vont s'y habituer. Et là, c'est l'horreur. Des générations nouvelles, j'en vois tous les jours. Faut pas leur dire que la techno c'est de la merde. Faut leur dire chacun ses goûts. Normal. Ils ont vu l'École des fans. Faut donner la même note à tout le monde.

 

Pourquoi que vous m'avez pas mis la moyenne, monsieur ?

 

Parce que c'est pas l'École des fans ici. Petit con.

par Marc Grousset publié dans : Démagogie
Jeudi 26 juin 2008
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Bienvenue !


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