L’alimentation joue bien son rôle, maintenant je sais en faisant les courses ce qu’il faut et ne faut pas acheter. C’est un petit jeu plaisant que de picorer dans les étalages de supérettes où tout nous attire vers le plus gras, le plus sucré, le plus mortel. Pas étonnant si la France est grande consommatrice de médicaments, il en faut, pour éponger le trop plein de surplus ingérés quotidiennement, au cours de décennies où l’on ne surveille pas son assiette, par ignorance ou par faiblesse.
Quand j’étale devant un ami tout ce que je sais sur la façon de se nourrir, il me dit qu’il sait tout cela, et, ajoute t-il : « Oui, mais bon ! »
Il a raison : c’est bon. Mais il a tort parce que c’est mauvais.
par Marc Grousset publié dans : Sociologie en superficie
Jeudi 17 juillet 2008
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La façade de l'hypermarché du coin a été revue et corrigée. Autrefois laide en parpaings blancs, la voici laide et métallique, un mur de verre fumé pour masquer l'entrée, pour nous faire croire que les courses, c'est la croisière, et le magasin, un paquebot.


À l'intérieur, des hommes seuls sans doute, forment une proportion importante de la clientèle. Du moins est-ce la conclusion la plus simple que l'on puisse tirer à l'incroyable inflation géographique du rayon porno de la librairie. Sur presque vingt mètres de linéaire, tout en haut à l'abri des bras trop courts des enfants pas concernés, des dizaines de revues en couleurs, certaines sous plastiques, d'autres en vidéos amateurs.


S'étalent là, hilares et pas vraiment désirables, quelques centaines de kilos de chairs salopes, alanguies, maquillées, vitrifiées, plastifiées, chirurgisées, dégoulinantes. Un homme normal n'en voudrait pas. Il faut croire à l'inflation des épouses laides, à la monotonie de la vie nocturne des V.R.P. ou des chauffeurs routiers, à je ne sais quoi. De tout cela une chose est certaine : les monticules pâteux et les lèvres trop maquillées nous le prouvent encore une fois, il est dur de faire des rencontres, et de la difficulté naît le marché, juteux et humide, quand la chair est pauvre.


La culture pute a tout envahi. Une amie m'ayant offert sa collection de Marie-Claire, quel ne fut pas mon étonnement à la vision de ces publicités de marques « haut de gammes », avec des putes, oui, enrobées dans des sacs plastiques jaunes et verts, le tout huileux comme un vieux moteur qui fuit ! Ainsi donc, elles sont partout. Quel savon nous fit glisser si bas ?

 

P.-S. : que les vraies putes me pardonnent, nous sommes ici dans la symbolique.

par Marc Grousset publié dans : Sociologie en superficie
Samedi 12 juillet 2008
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Dans les minuscules débats qui secouent la grisaille de mes écrans, je retrouve souvent le point de vue des moralistes. Je ne saurais m'en attrister. Pourtant, il le faudrait. D'aucuns me disent « Arrête de regarder les filles puisque femme tu possèdes déjà ». Le vieux François n'exagère pas la chose. Je n'arrive pas à leur en vouloir. Pas de leur faute, cette vision-là. Toute une éducation.

 

On ne nous apprend guère à savourer les contradictions tant on nous apprend à les éviter. Car être grand, c'est faire des choix. Et pas n'importe lesquels, il faut faire les bons choix. Il faut savoir ne plus bouger le cou, ne plus se retourner. De même, il faut dire à qui l'on appartient et même d'où l'on vient, à qui l'on ressemble. Il faut ressembler. Je n'exagère rien. Ne pas ressembler, c'est ressembler à rien, la grande trouille, le danger.

 

Il faut donc être Français ou Corse. Pas les deux, ce serait contradictoire. On se réclame, on est fier. Fier de « ses origines ». Rien de plus bête que la fierté d'un héritage. On n'y est souvent pour rien. Mais bref, les moralistes continuent à boucler le paysage.

 

L'oxymoron devrait être enseigné dès la plus tendre enfance. Il n'y aurait plus alors de confusion dans les sentiments, plus d'univoque, moins de certitudes. On saurait une bonne fois pour toutes et dès le début que la vie est bien plus riche que les grands sentiments monolithiques qu'on nous inculque.

par Marc Grousset publié dans : Sociologie en superficie
Lundi 7 juillet 2008
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La belle hypocrisie qui se coule dans les mots des gens, la belle hypocrisie. Il se trouve que l'un de mes nouveaux collègues pratique le ramadan, il l'a donc fait à l'automne de l'année dernière. Cette étrange habitude veut que l'on ne mange pas de l'aube au coucher du soleil, pour plaire à un prophète bien ancien, qui n'avait sans doute aucune idée du réfrigérateur, de l'avion à réaction, du fond de tein industriel.

 

Cet homme assume donc sa religion, paix à son âme. D'autres alentours, les collègues, lui font moults courbettes. Tu as bien raison dit-elle, ah, quel courage rajoute-t-il...

 

Tu parles. La belle hypocrisie que tout cela. On n'ose rien lui dire, vous comprenez, c'est qu'il est de fraîche date, et puis qu'on s'en fout. Un catho, ça nous ferait rire, il ne s'en vanterait pas. Mais là, un type qui vient plus ou moins d'ailleurs, autant le flatter.

par Marc Grousset publié dans : Sociologie en superficie
Vendredi 4 juillet 2008
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