Les orages de mai se contentent paraît-il de monter à la fin des jours trop longs.


Ce n'est pas le cas aujourd'hui. L'orage monte, il couvre de gris les alentours et leurs hirondelles, il accable les passants et les statiques, il soulage les désirs des vivants et donne des envies aux électriques.


Il est pourtant tôt. Avant midi encore. La chaleur s'écroule sur un sol déjà humide. Alors forcément, on se met à rêver.


Être une fois dans une vie trop courte, juste une fois cabré et préhistorique, entouré de femmes pulpeuses comme des fruits dans une forêt de hêtres, de ces forêts joyeuses qui font des branches noueuses, qui dansent la nuit pendant qu'on dort. Rien qu'une fois s'allonger pornographique, parmi des femmes insouciantes qui donneraient leurs corps à l'orage qui monte, et leurs sueurs intestines parfumant les fourrés.


Une fois seulement oublier la morale et la honte, amuser des inconnues qui se prendraient au jeu, dans la lumière trop verte et les éclairs au loin. Être le maître d'une cérémonie pastorale, telle cambrée sur une souche de mousse, telle autre alanguie et pendue à une branche solide, avec des feuilles qui ne retiendraient plus la chaleur de la pluie. En finir une bonne fois pour toutes avec nos accoutrements et les bonnes manières. Toucher les chairs ouvertes, oublier la grammaire, devenir fantaisie. Satisfaire les fantasmes de ces dames, laisser l'orage laver nos soupçons.


Demander une dernière fois à la nature de corriger sa copie, et qu'elle ne ponde plus qu'un homme pour cent femmes quand l'orage éclate et que l'orgie forestière coule à flot : moi, oui, moi, moi, moi, mesdames.

par Marc Grousset publié dans : Érotisme
Dimanche 18 mai 2008
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Dans le fatras de mes anciennes conquêtes, il n'est pas rare de trouver des pages blanches. Et pourtant, celles-ci ont bien connu plus que mes tentatives pour leur apporter ce dont elles n'avaient pas besoin. Les chanteurs ringards diraient qu'ils les ont possédées, même si ce n'était pas longtemps. D'autres diraient qu'ils les ont eues.


Sautées.


Un petit saut, une petite nuit, un moment voire plus et la page blanche. Elles connurent vaguement l'extase, enfin j'espère, enfin bon, j'en doute un peu. Quand même.


Je ne m'en souviens plus. Certains corps ont disparu, et les âmes attachées ont fui par le même trou de mémoire, voluptés évaporées, prétentions évanouies, lumière éteinte, fin d'étreintes comme des cadavres, enterrées, pas somnolentes : disparues, envolées.


Je ne m'en souviens plus.


Je ne m'en souviens plus du tout.


Par contre, je me souviens fort bien être resté allongé tremblant la nuit entière la nuit durant, sans expérience mais la trouille au ventre chez cette danseuse luisante et tendue comme une liane, me proposant son lit à défaut de baignoire pour la passer un soir de tempête. Il est bon que les chauffeurs de bus finissent tôt leurs services et que les chauffeurs de taxis restent l'apanage des gens suffisamment riches.


Et moi, allongé là, à proposer des indécences mais juste avec quelques mots, gentleman effarouché devant la beauté quasi-nue d'un fantasme vivant, moi, je me souviens parfaitement de cette nuit d'éloignement complet, encore ému par un désir à jamais insatisfait, vraiment autre chose qu'une couverture de magazine. Celle-là, page de ratures. De tentative bâclée, d'hésitation permanente. J'avais la trouille, je n'ai pas osé, pas tendu la main, pas tenté l'aumône. Tout était possible mais il fallait le comprendre avant.


Elle en souriait dans la lueur d'une nuit courte d'un juin pluvieux, et puis rien, rien.

par Marc Grousset publié dans : Érotisme
Vendredi 2 mai 2008
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Un truc : pour avoir plein de visiteurs sur son site, il suffit de parler de cul. De fesses, de sexe, de poils, de femmes nues.


Que les prévenus ne soient pas trop déçus : bien que coupable, il me semble pourtant que je vais, dès la ligne suivante, parler de mes fantasmes.


Voilà, ça vient.


Ça vient comme ce n'est jamais venu. J'ai deux grands fantasmes, hormis celui de plaire aux femmes simplement d'un regard. J'ai deux grands fantasmes, deux inassouvis : danser comme un Noir qui danse, chanter comme Brel en jouant du piano. On va me dire « Comme un Noir ! Mais ça ne veut rien dire ! ». Alors on n'a jamais passé la nuit entière avec l'Afrique qui bouge ses fesses dans les désespérants week-ends d'une fac de province fréquentée par le Burundi, le Sénégal, le Mali. Le Gabon. Sans parler des Antilles. C'est sans doute que, dans ces pays, on danse comme on marche, sans complexe, sans chaussures peut-être. Je déteste les théories essentialistes, elles ont leurs revers. Mais la danse, rien à faire. Sauf à faire semblant, je suis un porte-manteau dans une soirée zouk.


Brel alors ?


Oui.


Arriver dans un bar, des gens dans les coins, des hommes et des femmes, et là, la star, le silence, la scène. Un projecteur, son serviteur, moi-même, qui s'assoit dans les murmures. Et l'on se pose. Deux accords, Les marquises, Brel.


Du fantasme, complètement mytho le pauv' type que je suis. Et ça va durer au moins quarante ans j'espère, hein.

par Marc Grousset publié dans : Érotisme
Dimanche 20 avril 2008
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C'est un grand mystère, une intrigue. Et c'est sans compter les conséquences en matière de psychologie : tout est là.


Dans un couloir, au milieu de dizaines d'autres, elle promène un charme, un filtre. Nous savons tous de quoi il s'agit sans pour autant être capables de quantifier la chose. La chose agit sur le monde, sur le regard des autres, sur l'envie des hommes qui sentent encore. Peut-être sont-ils nombreux, peut-être pas. Elle avance d'un pas assuré, un pas qui ne cogne pas, un pas suffisamment chaloupé pour qu'ils bougent et pointent sous un pull bleu léger.


Ses seins.


La question, le mystère, ce sont eux. Deux seins qu'elle exhibe à la manière des médailles. Deux seins qui tremblent légèrement, pointés vers un ciel ombrageux, vers des mains invisibles. On les devine si bien qu'on les voit, qu'on les touche de loin. D'abord - et c'est injuste mais convenons-en - ils sont superbes, c'est-à-dire qu'ils correspondent à ce que l'on estime être la beauté : une jeunesse accrochée haut sur un torse, souples et légers, d'une finesse aussi palpable que la fermeté qu'elle englobe. Ils sont beaux, elle le sait. Elle les montre à l'entourage, et pourtant, ce n'est plus l'été. On devine des frissons, on devine des désirs. On ne comprend pas. Car on imagine qu'elle veut. Oui, elle veut volontairement (sic) les montrer, s'assurer d'un succès facile et sans danger. Elle nous détourne d'une conversation sérieuse derrière nos cravates, nous savons tous le trouble. Même lui, notre barbu ventripotent partage encore nos espoirs virils. Il n'est même pas utile (c'est d'ailleurs vulgaire), d'en parler.


On s'est compris...

par Marc Grousset publié dans : Érotisme
Dimanche 20 avril 2008
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Bienvenue !


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