Les contrastes s'accentuent mais la photo est floue. On a marché sur la lune, on se marche sur la queue. Elle a la forme d'une hélice, elle va nous propulser, c'est l'avenir en trois lettres. ADN. D'intérêts privés en recherches fondamentales, voilà que les dix ans qui s'annoncent vont nous lire qui nous sommes vraiment.

 

Je crois que je n'ai plus envie de savoir.

 

Malgré la quête des Cro-Magnons et des Néandertaliens de mon enfance à la Rahan, à quoi bon en savoir plus, si c'est pour faire de l'argent liquide sur un patrimoine rajeuni ? Entre des capitalistes-risqueurs et des généticiens aux allures heuristiques, je préfère le hasard. Il fait souvent bien les choses. Il tue ou laisse pousser.

 

Mais j'oublie déjà la ménagère américaine qui se rêvera soudain demain une progéniture à l'image d'une autre, Barbie la poupée. J'oublie que la rareté des têtes blondes s'effacera devant les officines des vendeurs d'homogénéïté.

 

Il faudrait faire la fête avant que tout cela ne fonctionne. Comme un bon vieux temps que l'on aurait eu le temps de saisir au vol, comme avant l'informatique.

par Marc Grousset publié dans : On croit rêver !
Jeudi 17 juillet 2008
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Là, j'y pense. Impossible de m'en décoller. Les maîtres, c'est un peu passéiste, voire réactionnaire. N'empêche. Je n'arrive pas à faire de photos floues parce que Cartier Bression n'en faisait pas, bien qu'il n'eut rien contre le flou. Faudrait que je trouve un autre maître.


Tenez, pareil en sociologie. Élevé au Bourdieu, j'ai quitté sa chapelle pour cause de bondieuserie. Me voilà chez Boudon. Très complexe, le maître. Impossible d'en sortir.


Idem au cinéma. L'esthétisme froid d'un Kubrick me fascine. Rien à faire.


Heureusement que je fais un boulot alimentaire, je serais capable d'être fasciné par un gourou du business, un jour...
 

par Marc Grousset publié dans : On croit rêver !
Samedi 12 juillet 2008
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Film assez surprenant, une expérience que je ne tenterai jamais. Je vous laisse découvrir.




par Marc Grousset publié dans : On croit rêver !
Mercredi 9 juillet 2008
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L'autre jour aux puces j'ai acheté un télescope pour trois fois rien. Il manquait le trépied pour le soutenir, mais j'en ai un vieux qui fait l'affaire. Je pourrais regarder les voisins le soir mais je préfère la lune. Ça fait deux soirs déjà. La lune en juin, presque pleine, et de près, lumineuse au bout de ma longue vue rayée, mais claire et palpitante, couverte de cratères, de cailloux brillants, presque ronde car pas tout à fait pleine, est-elle vide en son centre ? Et pourquoi ne tourne-t-elle pas ? Pourquoi est-elle si lente ? Et qu'est-ce qu'elle fait là ? Et pourquoi n'est-elle pas attirée par la terre ? À quoi sert-elle ?

 

Je regarde ma femme qui dort, gâteau au four et presque près. Dans trois mois, le deuxième. Il fait chaud, le ventre rond qui bouge. Et la lune au bout du télescope. Quel rapport entre le ventre rond qui dort et la lune qui paresse à dix fois le tour de la terre de ma fenêtre ? Elle est énorme dans ma lunette. Sans doute encore plus grosse en vrai. Et pourquoi n'y retourne-t-on pas ? Et les Russes y ont-ils installé une base secrète ? Les cratères sont-ils plus gros sur la face cachée ? Est-ce par pudeur ?

 

Mon gamin est caché derrière la porte. Impossible de dormir sous la chaleur. Il en redemande. Un sursis avant la nuit. « Je peux regarder la lune ? ». Le petit regarde la lune. La lumière blanche dilate son iris noir. Ça le fait rigoler.

 

Il regarde la lune. Il trouve ça très beau. « Est-ce qu'on pourra y aller un jour ? » me demande-t-il. En fait, il pose la question comme on demande une autorisation. Bien sûr qu'on pourrait y aller un jour. C'est pas interdit. C'est juste impossible. Peut-être que dans soixante-dix ans des milliardaires vietnamiens s'offriront des alunissages ahurissants. Mais c'est peu probable. On n'aura plus de quoi envoyer des fusées dans l'espace. « Y'a plus personne qu'habite là-bas ? » Non. Tout le monde est venu habiter sur terre. « Mais pourquoi ? » Parce qu'il n'y avait plus d'eau. Et pas moyen de fabriquer des guitares électriques.

 

Ah qu'il me répond. Ah. Ben oui, y'a pas d'eau sur la lune, sinon, on la verrait. Je lui dis qu'il y a de la glace de l'autre côté, mais qu'on ne la verra jamais. Alors comment on le sait ?

 

L'angle des rayons du soleil la découpe en bas à gauche comme une crêpe dont la pâte aurait eu trop de grumeaux. Voir la lune ronde en l'air, des oiseaux noirs glissant par devant, j'ai l'impression de voir la terre en l'air, à l'inverse, de mieux nous imaginer posés sur l'eau, sur les grandes îles au milieu, dans l'attente.

 
On devrait peut-être financer l'achat des télescopes pour toutes les familles avec enfants. Ce genre de superflu redonnerait un peu d'espoir aux gens sans imagination, et surtout de la perspective.

 

par Marc Grousset publié dans : On croit rêver !
Samedi 28 juin 2008
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Bienvenue !


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