« -Tu comprends, les Anglo-saxons, ils ont le sens du pratique. Ils sont pas comme nous, ils ne s'embarrassent pas de théories, ils vont droit au but.


- Ah oui. Les Anglos ou les Saxons ?


- Hein ? Ben les deux. Enfin, les Américains, les Anglais, tout ça. Tu comprends, chez eux, t'as un projet, on va pas t'empêcher de le faire, tu y vas, on te soutient, ça marche, tu gagnes ta vie, on va pas t'emmerder avec l'URSSAF...


- L'US Air Force ?


- Mais non, les impôts, les taxes, la CSG, tu m'écoutes ?


- Ah oui.. Les impôts, y'en a pas chez les Anglo-saxons.


- Mais si, mais pas autant. Ils ont le sens du pratique, tu comprends, tu ne payes pas tes impôts n'importe comment, ils calculent au plus juste, alors qu'ici, plus tu bosses, moins tu gagnes !


- Ah, ben c'est pour ça que je ne bosse pas trop. Tu finis tard toi, hein ?


- Ben faut bien, t'es marrant, j'ai des projets à manager, faut justifier son salaire, je bosse dans une boîte anglo-saxonne, on est pragmatique.


- Ça c'est bien. Moi, je bosse dans une boîte universelle qui fait des ampoules, on reste très théorique.


- Ça doit pas être facile. »

par Marc Grousset publié dans : Travail
Lundi 14 avril 2008
ajouter un commentaire commentaires (1)   

Alors que 150 millions de personnes vivent et meurent sur des immondices, l'homme moderne et occidental que je suis a eu l'énorme privilège de savourer les cinq minutes de composition d'un texte plus libertaire que le plus libertaire des textes : ma démission.


En effet, après plusieurs années de bons et loyaux sevices, après des années d'attente, et presque d'ennui, après des rencontres et des étonnements, après tant d'expériences et d'heures perdues à faire un travail orienté vers des jeunes gens qui s'en moquaient et des plus vieux amusés radotants de bruits de couloirs et de petites haines motorisées, me voilà bientôt parti. Dans trois mois. L'Angleterre, Oxford.


Youpi.


Et que ceux qui, huit heures par jour voire plus, envisagent de faire de même ne s'illusionnent pas trop : le bonheur envisagé n'a pas la même saveur lors du passage à l'acte. C'est qu'on s'en fout. Mais alors, totalement. Les quatre vérités sonnantes et trébuchantes promises aux petits chefs et aux vieilles rombières finissent dans la corbeille à papier, avec les torchons en guise de dissertations. Car voilà : le vrai bonheur est dans le départ, le simple fait de l'entre-deux eaux, se savoir libre le temps d'un préavis, envisager de nouveaux volumes et des espaces ailleurs, un rythme et des horizons.


Encore une fois. Youpi.

par Marc Grousset publié dans : Travail
Lundi 14 avril 2008
ajouter un commentaire commentaires (1)   

J'attends l'heure comme un idiot la fatigue dans les yeux. La semaine, je la regarde sur mon agenda, plein de blancs et de croix, avec des numéros de salles tout sales.


J'ai écrit des trucs et des machins, réparé des trucs et des machins, conseillé bidule et les autres...


Je parle plus souvent au passé qu'au présent.


Mais c'est vendredi. Et même qu'il est presque la fin de l'après-midi. Je me vois déjà flanner dans la rue chez les bouquinistes, regarder les appareils-photo d'occasion, faire les librairies avec mon fiston. J'aurais à peine une heure... Pour faire le tour du monde et dire bonjour aux voisins.


Avant la nuit.

par Marc Grousset publié dans : Travail
Lundi 14 avril 2008
ajouter un commentaire commentaires (1)   

L'homme moderne est disponible en plusieurs conditionnements. L'un d'entre eux consiste en un espace carré ou rectangulaire, avec d'autres hommes modernes ou des femmes ou les deux, et des ordinateurs. La plupart ne s'en plaignent guère. Ce n'est pas l'usine.
par Marc Grousset publié dans : Travail
Mardi 1 avril 2008
ajouter un commentaire commentaires (2)   

Bienvenue !


boutr64-copie-5.gif boutr641-copie-2.gif
  

Au menu

J'aime visiter


C'est vous qui le dites...

Blog : Croyances sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus